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Chauché: l’Association du Chant de la Pierre
Un siècle de vie à Chauché nous est conté en écrits et en photographies: C'est l'histoire d'une commune rurale du bocage Vendéen. Dans tous les domaines, l'évolution n'a jamais été aussi forte qu'au 20ieme siècle. Nous prenons conscience grâce aux superbes photos réalisées le plus souvent par des amateurs au talent certain, depuis le temps ou on attendait patiemment le petit oiseau à sortir, jusqu'à l'évènement de la couleur des appareils d'aujourd'hui. Nous découvrons également comment notre commune fût marquée par les évènements dramatiques de l'histoire. La Grande guerre où de nombreux enfants de chez nous, périrent pour la patrie. La débâcle de 1940 et l'occupation allemande. Enfin, cette drôle de guerre d'Algérie, d'où par miracle tous les jeunes appelés de Chauché revinrent sains et saufs. Depuis 1945, tous les secteurs professionnels furent bouleversés par les progrès techniques: agricultures, l'artisanat, l'industrie. Parallèlement, nous voyons apparaître une vie associative très dynamique animée par des personnages de bonne volonté, soucieuse du bien-être de leurs concitoyens. On peut mesurer aussi l'importance de la vie religieuse à travers de nombreuses photos des missions, des pèlerinages,...qui étaient les moments forts. J'ai hâte de vous laisser découvrir ce superbe ouvrage écrit par les gens de Chauché et réalisé avec soin et précision par l'association du "Chant de la Pierre"
LE LIVRE Des “Chauchéens” présenté par Roger Tétaud maire de Chauché
En Savoir plus: feuilleter quelques pages de ce livre écrit par des gens de Chauché à la suite d’une exposition de vieilles photos des familles en 1999 survolez les photos de cette colonne
Souvenirs de la guerre 14-18. Depuis quelques jours déjà. L'horizon nous paraissait sombre et, à la caserne on avait commencé à nous parler de guerre possible avec l'Allemagne. Et voila que le 28 juillet on rappelait les nombreux permissionnaires qui étaient partis pour la moisson. Moi qui devais partir le 31, ça ne faisait guère mon affaire. Le 31 voilà que vers 4 heures du soir le clairon de garde se faisait entendre la générale et le tocsin sonnait en ville. Aussitôt ce fut un brouhaha sans pareil. Le capitaine Chatel, commandant la 7° DU 93° nous réunit pour la terrible nouvelle. Après le discours du capitaine, me trouvant avec le sympathique adjudant Labardé avec des camarades, celui-ci nous disait " j'ai bien peur, hélas que la pilule ne soit plus dure à digérer qu'on le suppose. " il disait un peu vrai ! Le dimanche chacun occupait le poste prévu d'avance en cas de mobilisation et voila que mon père accompagné de mon frère mort depuis pour la France, sont arrivés me voir et me dire le suprême adieu de toute la famille. Ce fut triste et consolant à la fois pour moi d'entendre les conseils de ce père qui lui savait ce qu'était la guerre ayant fait celle de 1870. Le soir même, j'allai trouver l'aumônier du cercle et me préparai à partir en mettant mon âme en paix avec Dieu, seul consolateur. Les jours qui suivirent passèrent assez vite. Tous les jours, des camarades de connaissance arrivaient à la Roche pour partir eux aussi. Dans nos entretiens, nous parlions ensemble de nos craintes et de nos espérances. Encore à ce moment là, nous étions loin de nous figurer les peines qui nous attendaient ! Les préparatifs du régiment étant terminés, voila que le 1° bataillon s'embarque et part dans la journée du 6 août. Nous-mêmes, le 2° bataillon nous montions dans le train vers 10 heures du soir pour partir le matin du 7 à 2 heures. La première nuit du voyage fut assez triste, mais nous encourageant les uns les autres, la gaîté revint bientôt sur nos fronts, surs que nous étions de repousser l'ennemi dès le premier choc. Louis Tétaud.
La laveuse à domicile. La laveuse est une employée de maison : chaque semaine, à jour fixe, elle se rend chez son employeur d'un jour pour faire la lessive. Après avoir trié le blanc et les couleurs il faut puiser l'eau du puits pour remplir la lessiveuse, le chaudron, les bassines. Le linge est d'abord décrassé à la main puis chauffé au bois. Il faut frotter, brosser, tordre et retordre, frotter encore avec du savon de Marseille. Le linge est ensuite chargé sur une brouette et notre laveuse s'en va au lavoir, dans une fosse comme à la haute Chapelle, à la rivière, ou bien au lavoir communal. La laveuse apporte son garde genoux en bois, le " battour " ; au lavoir communal on frappe mais aussi les langues vont bon train !... Le linge propre est rincé et remis dans la brouette, la laveuse retourne à la maison pour étendre si le temps le permet, demain elle changera de maison. La repasseuse de coiffes. La coiffe est transportée dans une boite à coiffe en bois, elle y est tenue par des épingles. Il faut y faire très attention et nos grandes mères ne la mettaient qu'au dernier moment de la cérémonie. C'est pour cela aussi que les jeunes filles disaient parfois à leur galant : " fais-me tôt c'que tu voudras, mais chiffonne pas ma couaiffe ". Il ne faut surtout pas que la coiffe mouille car l'empesage est alors à refaire. Il faut alors beaucoup de temps à la lingère pour la remettre en état. Elle doit d'abord la " re tuyauter " avec des petits fers à repasser spéciaux, puis l'empeser à nouveau : cela coûte cher. Les femmes de Chauché portent la " grisette " ou " coiffe rochelaise ". C'est une petite coiffe arrondie apparemment sans grand effet mais pourtant une des plus ouvragée. Elle est à l'image chauchéenne : discrète mais capable d'une grande somme de travail.
Construire en 1945. On commence bien sur par les fouilles : à la pioche jusqu'au dur : puis on démarre aussitôt avec la pierre et la terre : pas de semelle. La pierre est prise dans les champs environnants ou à la carrière : les paysans la transportent avec les bœufs. La terre est brassée avec une tranche et une pelle, parfois on y mélange un peu de chaux. Les murs sont alignés aux cordeaux .quand le chantier s'élève, il faut échafauder avec des madriers, des planches et des perches attachées à des cordes. Pour monter la pierre on fait la chaîne : un au tas, un sur l'échelle, un sur l'échafaudage. Le mortier est transporté sur un cossard placé sur les épaules. Le matin, on rejoint le chantier à vélo avec le baquet, les pelles, le sac de chaux. A 10 heures par jour, du lundi au samedi, sans congés ! A la fin du chantier, on met toujours un bouquet de gent ou de choux, selon la saison ; en général on y rajoute une branche de vigne pour rappeler au client qu'il faut payer à boire. Après la guerre, on commence à utiliser plus de chaux et de ciment ; dans les années 50, c'est le début des parpaings. On les fabrique nous-même avec un moule et un vibreur. A cette époque, les sous-sols sont en pierre et les murs en parpaings. Les sous-sol en béton : c'est plus tard. Pierre Suire.
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